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Les nouvelles fantastiques de 2°4 !

En guise de bilan d’une séquence en français sur le fantastique, les élèves de seconde 4 ont écrit une nouvelle fantastique et certains d’entre eux ont accepté de présenter leur travail sur le site du lycée.
(Professeur de Lettres : Muriel de la fuente)

Texte de Maritzli I.(2°4)
Le premier week-end de décembre dans la soirée, une famille : le père, la mère et leurs enfants, décida de se mettre à décorer la maison et à installer le sapin de Noël . Ils habitaient dans une belle et grande maison à la campagne, tout près d’une grande forêt. Les enfants toujours très excités en cette période, décorèrent leur maison avec beaucoup d’enthousiasme et de très bonne humeur. Le sapin se remplit petit à petit d’une multitude de boules, de guirlandes multicolores et la maison prit des couleurs de fête et, chaque soir, la simple vue de ce magnifique sapin et de cette belle demeure chaleureuse était, pour les parents comme pour les enfant, une agréable surprise quand ils rentraient d’une dure journée de travail et que le froid les avait saisis, sur le trajet du retour. Ce sapin leur apportait lumière, chaleur, bonheur et convivialité. C’était Noël ! Un jour, pourtant, en rentrant de son travail, le père s’aperçut que la couronne de la porte d’entrée avait disparu. Il s’en étonna, chercha partout et pensa même à une blague de ses enfants. Le soir il en fit part à toute la famille et demanda qui l’avait enlevée mais aucun d’entre eux ne l’avait touchée, ils arrivèrent donc à la conclusion, qu’on la leur avait volée. Avec un regard complice et préoccupé, les parents décidèrent de ne plus en parler devant les enfants pour ne pas les inquiéter outre mesure, mais cette histoire les surprenait vraiment car ils ne comprenaient pas pourquoi on « s’attaquait » à une couronne . Ils auraient pu sans doute, oublier la disparition de la couronne si d’autres phénomènes n’étaient pas apparus, faisant renaître l’inquiétude. Un soir, lorsque le père était encore tout seul chez lui, car de temps en temps, il rentrait le premier à la maison, il crut voir, même si cela semblait impossible, toutes les guirlandes lumineuses de la maison changeant de place. Il s’assit, ferma puis se frotta les yeux, croyant à une vision, à un malaise ou à un rêve éveillé. Sa première réaction fut de se dire que ce n’était pas possible. Pour se rassurer, il expliqua tout par le surmenage, la fatigue et le besoin de vacances. Hélas le soir venu, sa famille, rentra et la première chose que firent immédiatement ses enfants fut de demander pourquoi il avait changé les guirlandes électriques de place. Le père commençait a ressentir une peur diffuse et ne savait que répondre : devait-il dire la vérité ? Ou dire que pour leur faire une surprise, il avait tout changé ??? Quelques secondes passèrent, même si son hésitation lui parut beaucoup plus longue. A sa grande surprise, les guirlandes elles même vinrent à son secours. Elle s’éteignirent en même temps. Tous crurent encore à une blague du papa et allèrent quand même voir avec lui si ce n’était pas un problème de fusible ou de mauvais branchement. Le père, lui, était bien loin de croire à une telle possibilité ... Après mille et une vérifications, ils appelèrent un électricien qui trouva très anormal que toutes les lumières de la maison fonctionnent normalement et que seules celles des guirlandes refusent de s’allumer. Ne trouvant aucune explication , l’électricien sortit de cette maison bien inquiet de cette étrangeté et se promettant de ne plus jamais y revenir. Quelques jours plus tard, la famille fut cette fois terriblement angoissée quand tous les objets de décoration de la maison disparurent., Tous ! Il ne restait rien ! On ne trouvait plus ni guirlandes, ni boules, ni sapin, ni décorations. Des moments d’angoisse les saisirent, ils songèrent même à déménager, se remettant perpétuellement en question, ne sachant même plus si tout cela était vraiment réel ou si leur esprit leur jouait des tours ... Les enfants pleuraient, ne voulaient pas rester, craignaient d’entrer dans une pièce vide, les parents essayaient de cacher la sourde angoisse qui les étouffaient et mettaient tout en place pour que les petits soient rassurés. Ils inventèrent même le « camping de Noël » ; le soir même ils dormirent tous dans le salon, les nuits suivantes aussi. Et puis, un matin tout réapparut ! Chaque objet avait repris sa place normale mais ils avaient tous subi comme un changement inexplicable. Un malaise flottait comme un nuage sombre ... Les objets étaient tous devenus extrêmement hostiles et ils représentaient désormais comme une menace pour tous les membres de la famille. Noël ne représentait plus ni beauté, ni bonheur, ni joie. Le sapin objet préféré des enfants était devenu intolérable ; le regarder les mettait en transe ... Le matin du 25, devant leurs yeux pleins d’effroi, il avala même les cadeaux ... ! Il grognait à chaque fois que l’on s’approchait de lui et semblait s’être transformé en un démon maléfique, en un diable cruel et dangereux. Les guirlandes, autrefois amicales et guillerettes avec leurs ampoules clignotantes, ressemblaient maintenant à d’affreuses petites créatures volantes qui mordaient le premier doigt qui s’approchait d’elles. Les enfants étaient terrorisés, les parents au comble de l’angoisse. Diable, folie familiale ou magie de Noël qui les emportait dans un autre univers ??? Il fallait trouver une solution, fuir, oublier, abandonner la maison ou peut être simplement fermer le livre qui était dans un coin de leur grenier, déjà présent quand il avaient emménagé dans cette demeure, et qui racontait des histoires de Noël qui faisaient un peu peur .. Livre qui comme par enchantement faisait son apparition dans le grenier seulement au moment de Noël .. Maritzli.


Nouvelle fantastique de français

Je regardai ma montre. Onze heures passées, mes parents allaient sûrement s’inquiéter. En ce qui me concerne, je n’étais pas très rassuré non plus . Je venais de sortir d’une soirée chez des amis au cours de laquelle l’alcool coulait à flot. Le cadre ne me sécurisait pas non plus. Je me trouvais à moins d’un kilomètre de ma demeure. Le décor était un vaste endroit au milieu de nulle part, dans la campagne girondine loin de la ville et de l’animation que va avec. Cette agitation aurait eu le don d’apaiser ma solitude actuelle, or je sentais que les choses ne tournaient pas rond.

Au fur et à mesure que je marchais, étrangement et inexplicablement, je sentais que le chemin jusqu’à chez moi devenait de plus en plus long et que le parcours n’en finissait plus. Je décidai alors d’accélérer le pas. Il fallait que je rentre chez moi avant minuit sinon j’allais entendre mes parents se plaindre pendant un certain temps. J’étais seul , abandonné et apeuré . J’aperçus au loin une silhouette et je me sentis soulagé car enfin on allait peut-être venir à mon secours. Elle se rapprochait lentement et j’avais du mal à distinguer ce qu’elle représentait. Enfin, dès qu’elle fut près de moi , je me rendis compte que c’était celle de mon meilleur ami , Pierre . « - Pierre ! m’exclamai-je . Te voilà ! Je crois que je me suis perdu, je ne retrouve plus le chemin que mène chez moi ! » Il avait la tête basse et le dos courbé. Tel un mort vivant. J n’apercevais pas son visage et lui demandai alors s’il avait trop bu ou s’il était fatigué. A cet instant précis, il leva la tête et me regarda avec des yeux rouges. Ma respiration se bloqua. Je paniquais, que m’arrivait-il ? Etait-ce un cauchemar ? Ou bien un triste sort que s’acharnait sur moi ? Je n’avais pas la réponse à toutes ces questions. Je ne savais pas si j’allais sortir un jour de cet endroit sinistre. Pierre ne quittait pas son regard de mes yeux et il me sourit méchamment découvrant ses dents noires comme cette nuit sombre. « - Pierre ! Mais que t’arrives – t – il ? J’espère que tu ne me fais pas une blague ! Parle bon sang ! Je t’en prie ! le suppliaie-je » L’expression de son visage n’avait pas changé , elle était toujours aussi effrayante et inquiétante . Tout d’un coup , il commença à marmonner des paroles dans une langue qui m’était inconnue comme s’il essayait de jeter un sort . Subitement , un deuxième individu sortit de son corps puis un troisième et ainsi de suite une vingtaine de « Pierre » apparurent devant moi . Ils parlaient tous en même temps et leurs paroles se mélangeaient dans mon esprit . J’étais troublé .Je n’avais pas respecter mes limites et avais sans doute trop bu. Je voulais fuir tout celà , je me mis donc à courir mais ils émergèrent dix mètres plus loin . Je n’en croyais pas mes yeux ! Que me voulaient-ils ? Ils étaient face à moi , immobiles et ne disaient maintenant plus rien , seuls leurs regard parlaient . Ils voulaient faire de moi leur repas de minuit ! J’étais térrifié !

J’entendis au loin un bruit assourdissant et lentement je commençai à ouvrir les yeux . Je regardai autour de moi , je me trouvai dans la salle à manger de Pierre . J’entendais la musique au loin et je regardai alors ma montre , il était bel et bien dix heures ! Pierre entra alors : « -Thomas ! Tu te réveilles enfin ! Cela fait plus d’une heure que tu dors sur mon canapé ! Suis moi , il faut que je te présente quelqu’un… ! » J’aperçus alors un deuxième homme identique à lui . Je sursautai et regardai mon meilleur ami d’un air apeuré . « -Qui est ce ? lui lançai-je
 Il s’appelle Florent , c’est mon demi-frère , tu ne trouves pas que l’on se ressemble, me dit-il , d’un sourire malicieux… »


De : paul jobert

LE TRAMWAY

Comme tous les mardi soir, je sortais du lycée à dix-huit heures.Il faisait nuit et je marchais jusqu’à l’arrêt du tramway qui devait me reconduire chez moi ce jour là.

D’un seul coup, une pluie d’une extrême violence s’abattit sur la ville, je me mis donc à courrir pour attrapper, de justesse, le tramway qui s’apprétait à partir.

Une fois installé, je me mis à relire mes cours de français portant sur le fantastique quand le tramway s’arrêta brusquement renversant la moitié de ses passagers.Pensant que ce n’était qu’une vulgaire panne,(très fréquente dans le réseau des tram de Bordeaux), je me remis à la tâche.Mais en relevant la tête, je m’aperçusque je me trouvais à présent tout seul dans le tramway.J’avais sûrement dû ne pas entendre la voix annonçant la sortie des passagers, je n’étais pourtant pas devenu fou, j’avais pourtant bien vu des gens dans ce tramway avant de me plonger dans mes cours !

Je rangeai donc mes affaires dans mon sac pour pouvoir sortir et me dirigeai vers la porte prévue à cet effet.J’appuyais surbouton sensé ouvrir les portes, en vain.J’étais bel et bien coincé dans ce tram.Tirant mon téléphone de ma poche, je vis qu’il n’avait plus accès à aucun réseau, ma montre ne fonctionnait pas elle non plus.Je m’endormai dans le tram.

En me réveillant, je vis que les portes étaient grandes ouvertes, je sortis donc du tramway mais...non, ce n’est pas possible !Je ne me trouvais plus entre l’institut Bergonié et la place de la Victoire mais sur une place ressemblant fortement à Montmartre. Une Basilique surmontait cette majestueuse place.J’interpelai un passant pour lui demander où nous étions, il me traversa.Les nombreux touristes présents sur ce magnifique site n’avaient l’air de voir ni le tramway ni moi.D’après les pancartes, je me trouvais bien à côté de la Basilique Montmartre, à Paris !

J’avais très faim, je me rendis donc dans l’épicerie la plus proche me servant de ma transparence pour prendre une brioche sur l’étalage.L’épicière vendait les quotidiens nationaux, je m’en appropriai donc un pour savoir si la disparition d’un tramway

ou d’un tramway et/ou d’un adolescent bordelais était mentionnée.Rien, rien de tout cela n’était relaté.Des fusillades meurtrières aux Etats-Unis, des attentas suicides en Irak ou encore, Paris Hilton qui avait de nouveau perdu son chihuahua, mais rien ne concernant ma disparition ou celle du tramway.

Ne sachant quoi faire, je me mis à me balader dans cette splendide capitale qu’est Paris, à la recherche d’un être pouvant me voirou même m’entendre.Je sifflotais et rentrais dans toutes les personnes se trouvant sur mon passage.Personne ne se rendit compte de ma préscence, je marchais toute la journée et, une fois la nuit tombée, je rentrai dans le tramway qui me servait d’abri.

Très fatigué par cette longue marche à travers la capitale mondiale du tourisme, je me recouchais sur une banquette et m’endormis en une fraction de seconde.

A mon réveil,je n’étais plus à Paris mais à San Francisco.Je sortis du tram pour me promener dans la capitale californienne.J’avourais que ce n’était pas l’idée que je me faisais des Etas-Unis.En effet, tous les habitants portaient des pantalons " pat’ d’eph’ " et écoutaient en boucle le dernier titre de Janis Joplin.En jettant un coup d’oeil sur un journal trîanant sur le bord du trottoir, je me rendis compte que je ne trouvais plus en l’an 2007 mais le trois juillet 1967.Ne sachant plus où donner de la tête, je fisle tour du quartier en ayant l’impression de revoir les vieilles photos de mes grands-parents, cheveux longs, guitares à la main et vêtements au couleurs extravagantes.Cette fois ci, je passai toute la nuit en dehors du tramway profitant encore une fois de mon invisibilité pour rentrer dans toutes les soirées "hippies" de San Francisco.

Je me reveillais dans mon lit, chez moi, à Bordeaux, en France !Ma mère se trouvait à côté de moi.En me voyant ouvrir les yeux elle m’expliquaque j’avais été très malade et que j’avais dormi pendant deux jours entiers.Quelque chose me démangeait, je fouillai dans ma poche et en sorti un pendentif de la tour Eiffel et un bandeau marqué du signe de la paix...

( Paul J. )


( (Mathilde P. )

L’âme blanche

Sur une route campagnarde des Landes, dans les environs de Dax, un soir de brouillard en plein mois de Décembre, M. Bernachy rentrait chez lui après un repas chez des amis, seul, fatigué et absorbé dans ses pensées, lorsque les douze coups de minuit du village de St Pandelon qu’il traversait le ramenèrent à la réalité. Aucune voiture ne circulait sur cette petite route tortueuse, les lumières du village, peu nombreuses, et les volets fermés de toutes les maisons firent frissonner M. Bernachy. Il faisait froid. De la buée s’installait petit à petit sur le pare-brise de la voiture … Quelques minutes plus tard, la visibilité était quasi-nulle, ce qui obligea M. Bernachy à attraper un chiffon dans la boîte a gant puis à essuyer le pare-brise, après quoi il crût apercevoir une silhouette blanche au loin. Surpris, il ralentit et plissa des yeux afin de distinguer cette forme blanche dans le brouillard. Il se rendit alors compte que c’était une jeune fille blonde, vêtue d’une robe ancienne brodée, de couleur blanche. M. Bernachy s’arrêta une vingtaine de mètres après la jeune fille. Il eut à peine le temps de baisser la vitre coté passager qu’elle toquait à la sienne : il sursauta avec frayeur ! Elle le regardait fixement avec des grands yeux et un petit sourire aux lèvres. Un sentiment de peur l’envahit. Il se ressaisit et descendit de deux tiers sa vitre d’une main tremblante et incertaine puis demanda à la jeune fille où elle se dirigeait. Celle-ci lui répondit : « Je m’appelle Amandine, pouvez vous me raccompagner chez moi ? Je vis à dix minutes d’ici, à l’entrée du village suivant. » Il accepta. Lorsqu’il redémarra, la jeune fille s’installa à ses côtés, il sentit tout d’abord une odeur étrange et désagréable, ressemblant à de la naphtaline. Puis il remarqua qu’elle était très légèrement vêtue pour la saison et que ses pieds nus n’étaient chaussés que d’une simple paire de ballerines blanches. Son corps, mince et frêle, grelotait, aussi il lui proposa son manteau qu’elle déposa lentement sur son corps en guise de couverture. Il s’inquiéta et lui demanda ensuite ce qu’elle faisait à une heure si tardive, si légèrement vêtue, sur cette route abandonnée. Elle répondit d’une voix lointaine et froide qu’elle rentrait du bal avec son fiancé mais que celui-ci attendait à sa voiture. M. Bernachy tourna un regard inquiet vers la jeune fille et remarqua ses yeux ternes et son visage étrangement livide. Ses mains tellement blanches semblaient transparentes. Le brouillard s’épaississait au fur et à mesure qu’il conduisait. La jeune fille s’était endormie. M. Bernachy était obligé de rouler très lentement et sentait ses paupières s’alourdir alors qu’il s’efforçait de suivre la route. Tout à coup, une ombre jaillit du fossé et heurta son véhicule. Il s’arrêta, choqué, et descendit de la voiture. Il avait accroché une biche ! L’animal gémissant gisait sur la route, un mince filet de sang s’écoulait de sa bouche et ses yeux ternes semblaient le fixer étrangement. Un frisson parcourut son corps car il lui sembla que ce regard ne lui était pas inconnu. Encore sous le choc, il remonta dans sa voiture, esquiva la biche puis un sentiment de panique le saisit : la jeune fille à ses côtés avait disparu ! Effrayé, il regarda autour de lui et aperçut une petite maison éclairée. Il alla frapper à cette maison, une femme âgée vint ouvrir, étonnée. Il lui demanda alors si elle n’avait pas vu une jeune fille nommée Amandine vêtue d’une robe blanche et de petites ballerines. Le silence se fit quelques secondes puis la vieille femme lui répondit : « non je n’ai vu personne passer ce soir et je ne connais personne nommé ainsi mais … j’ai moi-même eu une fille que j’ai appelée Amandine. Malheureusement elle est morte dans un accident de voiture âgée à peine de seize ans. Elle revenait du bal avec son petit ami le soir du quatorze juillet, il y a déjà vingt et un ans, lorsqu’ils percutèrent un arbre et moururent sur le coup, non bien loin d’ici. Amandine est aujourd’hui enterrée dans un cimetière de l’autre côté de la route … » Frissonnant à ces mots, M. Bernachy préféra quitter les lieux. La vieille femme très aimable le raccompagna jusqu’à la porte, quand il aperçut son manteau accroché à l’entrée parmi d’autres vêtements …
( Mathilde P. )


Barcelo Jimmy 2°4

Le rubis
Mr *** rentrait comme tous les jours du travail. Il travaillait dans une centrale nucléaire et à dix-huit heures, il quittait son poste pour rentrer chez lui à pieds ou en bus. Ce jour-ci il rata son bus et décida donc de partir à pieds. C’était au mois de novembre et il commençait à faire nuit, Mr *** pressa le pas. Il passa dans une rue particulièrement délabrée et sombre. Il n’aimait pas cet endroit mais il n’y avait pas d’autre chemin. Mr *** pressa encore le pas mais au moment de quitter cette rue, un homme paniqué passa devant lui en courant. Il tomba à ses pieds, s’accrochant à ses jambes en bredouillant. Mr *** ne savait que faire, l’homme était terrifié. Quand il put enfin le calmer et voir son visage, il eut un mouvement de recul. Son visage était crispé, ses cheveux, sales et dans ses yeux exorbités passait un air de folie. Il disait : « Non…arrêtez-le…il est à moi.. » Et en même temps il enlevait et remettait une bague avec un rubis. Mr *** fixa intensément cette bague et une impression de malaise grandit en lui. Il ne savait pas pourquoi, il voulait cette bague, pour lui. Quand l’homme perdit connaissance, il déroba la bague et s’enfuit. Une partie de lui-même en avait honte, il fallait aider cet homme, mais l’autre partie, plus forte, était obsédée par le rubis Rentré chez lui, Mr *** observa attentivement la bague. Elle était en or et la pierre parfaitement taillée brillait d’un rouge profond. Il la posa sur sa table de chevet et se coucha.

Le lendemain matin, il mit sa bague et partit au travail. Dans le bus, il la manipulait machinalement et l’admirait. Il trouvait sa main magnifique quand il la portait. Elle obsédait ses pensées. Mais une impression de malais l’envahit soudain, comme si quelqu’un l’observait… Il se retourna brusquement, cherchant des yeux qui le regardait ainsi. Son regard tomba sur le rétroviseur du chauffeur et son sang se glaça dans ses veines : deux yeux jaunes le fixaient intensément. Il cligna des yeux mais ils étaient toujours là, perçant son âme. La panique commença à l’envahir, une force invisible l’empêchait de bouger. Une main griffue se posa alors sur la boîte de vitesse. Mr ***, horrifié, était toujours paralysé par la peur ne pouvait détacher ses yeux de cette horrible main. Le bus s’arrêta, il ouvrit la porte et s’enfuit en courant. Il n’arrivait pas à croire ce qui lui était arrivé. Ce regard jaune, cette main griffue… le Démon avait conduit son bus ! Non c’était impossible… il avait dû rêver. Il s’arrêta à un café pour se ressaisir avant de repartir à la centrale. Il pensait toujours au regard qui avait croisé le sien dans le rétroviseur il ne vit donc pas tout de suite le serveur qui attendait sa commande. Quand il sortit enfin de sa rêverie, il s’excusa précipitamment. Le serveur lui sourit alors et Mr *** put apercevoir deux crocs blancs. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Le serveur éclata d’un rire sardonique et effrayant. Mr *** s’enfuit en courant, terrifié. Cette fois-ci il n’y avait plus de doute possible. C’était la deuxième apparition du Diable en quelques minutes. Mais pourquoi le poursuivait-il ainsi ? Il chercha les choses nouvelles qui lui étaient arrivées dernièrement et son regard tomba sur la bague qu’il avait jusqu’alors oubliée. C’était donc ça ! Le rubis du Diable ! Mais Mr *** ne pouvait se résoudre à rendre la bague. Il ne pouvait l’expliquer mais il avait développé une inexplicable dépendance à ce rubis. Il ne pouvait s’en séparer, même si le Diable en personne le poursuivait pour reprendre son bien Mr *** courut jusqu’à en perdre haleine. Il se réfugia dans un parc entre deux illustres statues, priant pour que le Diable ne le retrouve pas. Mais bientôt un homme en costume noir arriva. Ses ongles étaient noirs, longs et acérés, son teint était rouge. Ses pupilles jaunâtres fixaient Mr *** qui manipulait nerveusement sa bague, tremblant comme une feuille. Ses lèvres d’étirèrent et découvrirent des dents blanches et pointues. Il fit un geste de la main et les statues s’animèrent. Alors que les corbeaux qui étaient assoupis sur ces statues s’envolaient, celles-ci immobilisèrent Mr *** paralysé par la peur. Le Diable s’avança et prit la bague de la main de Mr***. Puis le Démon recula d’un pas, et fit apparaître un poignard dans sa main droite. Son rire diabolique retentit aux oreilles de Mr*** et il enfonça le poignard dans le cœur de l’homme qui hurla…. Et il se réveilla, criant de toutes ses forces. Il était dans sa chambre, le matin de cette journée horrible. Jamais il n’avait fait un rêve si réel. Il ressentait encore la brûlure du poignard dans son cœur. Il vit la bague qu’il avait posé la veille sur sa table de chevet, il la pris et la lança par la fenêtre en priant pour ne jamais la revoir. Il se planta devant son miroir et là, il vit une trace tout prés de son cœur, une trace de poignard.


LES CARACTÈRES DES TERMINALES 4 Les élèves ont proposé la rédaction de plusieurs textes sur les mœurs de notre siècle , à la façon de La Bruyère et en respectant son style.
Nous vous proposons ici les meilleurs d’entre eux . Le nom de leur auteur figure à la fin de chaque caractère.
( Muriel de La Fuente :professeur de Lettres Modernes)

 J*** est heureuse ; elle gambade, sautille, se trémousse en se rendant chez son éditeur, elle sourit à la ronde et chantonne un air joyeux . La vie est douce avec elle : l’an dernier, elle était la gagnante d’un jeu télévisé, il y a six mois, son album la rendait célèbre dans tout le pays, aujourd’hui, sa gloire va s’étendre à l’Europe. Elle sonne chez son bienfaiteur : un an déjà au sommet, elle a fait son temps ! -Il y a telle femme qui aime mieux son amant que son mari, et de son mari son argent.(Myriam Delcroix )

 L’on est toujours surpris du nombre d’amoureux épris que l’on trouve dans les lycées. Ces jeunes cœurs sont chanceux, l’amour vrai est rare. Ceux qui l’ont connu le savent et prennent toujours plaisir à voir se briser les serments hypocrites. ( Myriam Delcroix )

 Il est un endroit où les jeunes gens n’ont pas la même anatomie que les hommes adultes. Ils ont des jambes très courtes et de larges bustes, cela se voit à leur pantalon dont l’entrejambe se situe au niveau de nos genoux. Ils possèdent également de longs bras qu’ils cachent sous leurs manches si bien qu’on pourrait croire qu’ils n’ont pas de mains. Ces difformités les obligent à adopter une démarche lascive et chaloupée qu’aggrave d’autant plus le poids de leurs pieds. Ceux-ci ne sont pourtant pas plus gros que les nôtres mais ils doivent être plus fragiles car les jeunes personnes les glissent dans d’énormes chaussures pour les protéger des chocs. Pour leur figure, on ne saurait dire s’ils sont beaux ou pas car ils les cachent derrière leurs cheveux, si bien que leur ouïe doit être extrêmement développée car cette disposition capillaire les rend aveugles. ( Myriam Delcroix )

 Vous êtes rêveur, vous savez savourer le temps, vous pensez à votre bonne santé-ne fumez point ni ne buvez-vous êtes parfois triste et ne le cachez point, vous êtes naturel et sincère ; vous êtes perdu. (Ingrid Bard )
-Il faut être sérieux, lettré, intéressé pour se faire plaisir ; perturbateur, récalcitrant, intéressant pour faire plaisir. ( Ingrid Bard )

 La « bimbo » est une créature délicatement maquillée à la truelle et assortie de la tête aux pieds-ce serait une offense de sortir à visage découvert et de se vêtir d’une façon désaccordée. Cette créature est très intelligente et sa vie n’est qu’un dur entraînement : il lui faut déformer sans cesse sa bouche pour la rendre pulpeuse, se parer d’immenses chaussures à talons pour avoir une démarche qui consiste à balancer son train arrière de gauche à droite, et enfin arborer un sourire grandiose qui dure…C’est hélas derrière un physique attrayant qu’elle cache ses ampoules, ses froissements des muscles zygomatiques et un mauvais caractère. Elle est une vraie poupée : belle à la perfection mais fausse. (Ingrid Bard )

 Les « basketteurs » sont une espèce vêtue d’un tee-shirt XXXXXL, d’un pantalon taille soixante-dix-huit et d’une coiffe fort étrange. N’accept ant aucune femelle, ces mâles se regroupent sur leur terrain de chasse favori-étendue goudronnée comportant des traits de peinture étonnants et des totems ornés d’un cercle . Leur rituel est simple : ces derniers s’arrachant forcément une balle qui doit traverser le cercle. À la fin de cette danse enflammée, ils marquent leur territoire avec des flots de sueur fort odorante. Un règne animal de ce genre est de courte durée. ( Ingrid Bard )

 Il y a des « gothiques », individus remarquablement sombres-autant dans leur tenue vestimentaire que mentalement-arborant des signes divers-croix, étoiles. Ils montrent avec fierté leurs nombreux « piercings » :trous dans la chair ornementés. Ces derniers se disent « opposés à la société » et y vivent avec aisance. Ce sont des rebelles soumis.( ingrid Bard )

 On croise communément des « cacailles », plus communément appelées « racailles ». Ces drôles d’oiseaux font tout à l’envers : ils passent leurs chaussettes par dessus le pantalon, placent la visière de leur casquette de façon à protéger leur cou ( et non plus le visage ), parlent un langage fort déformé appelé « l’envers »…pardon, le « verlan ». Marchant de façon saccadée, ils écoutent bruyamment une musique, où ce qu’on appelle habituellement le « chant » a été remplacé par un enchaînement fort rapide de mots dits sur une unique note. S’ils attirent l’attention, c’est par la moquerie et non par l’admiration. ( Ingrid Bard )

 Les gens sont comme des bonbons : ils se classent par leurs caractéristiques, sont plus ou moins attirants par leur emballage et quand on les mange, on découvre finalement un goût de synthèse.( Ingrid bard )

 Le monde va bien : dans une part des pays, la famine tue, et dans l’autre des personnes mangent à se faire vomir : quel équilibre !(Maureen Kressmann )

 Dans des émissions de radio, certains présentateurs n’hésitent pas à demander à l’heureuse auditrice choisie parmi tant d’autres ses mensurations. Elle répond avec joie.( Maureen Kressmann )

 Il est des gens qui ont de drôles de mœurs : l’apparence prime avant tout sur le mérite et la vertu. Les qualités occultées par le potentiel médiatique, les gens sont un jour charmants avec vous, un autre méprisants et dédaigneux : ne vous étonnez pas, vous n’apportez plus rien à leur profit.(Quentin Di Nota )

 La médiatisation a pris une ampleur démesurée : l’homme que l’on ne voit pas est inconnu ; l’homme que l’on ne voit plus est oublié.( Quentin Di Nota )

 Comment puis-je demander un service à mon voisin ? En lui envoyant un courrier électronique bien sûr !( Aude Lucas )

 Combien y aurait-il de gens déçus s’ils savaient à quel point leur aspect « unique » les jette dans un grand panier avec tous ces moutons à la laine semblable ? ( Aude Lucas )

 Les hommes doivent avoir une bien piètre opinion d’eux-mêmes pour trouver plus d’intérêt à la vie des célébrités qu’à la leur.( Aude Lucas )

 Unknown veut devenir célèbre. Cette fois, c’est décidé, il va passer à la télé. Le public l’acclamera. Des gens l’adoreront. On lui pose quelques questions auxquelles il répond brièvement, tout en mettant en avant son originalité et son désir de changer le monde et de redonner des valeurs à la société. Unknown a été choisi parmi des candidats aussi médiocres que lui. Il chante pour le petit écran. On s’arrache ses disques, on lui fait signer dix mille autographes, on le prend en photo, on s’arrache son cœur. Il est enfin célèbre ! À quand Hollywood ? Son image fait la une de toute la presse à scandale. De concert en concert, il conquiert son public qui vient se mettre à genoux devant lui. Il en tire une immense fierté. Mais voici que déjà quelques mois ont passé, et on commence à se demander en voyant sa photo : « Comment s’appelle-t-il déjà ? »( Aude Lucas )

 Notre société est un palais de miroirs qui se ressemblent tous, et où certains, d’une bougie les illuminant, donnent l’illusion d’avoir été choisis par une puissance supérieure. ( Aude Lucas )

 Lorsque Pierre-Jean-Jacques se réveille, son bras se tend vers son téléphone portable. Il est déjà si tard ! Et il n’a pas encore écrit de message téléphonique à son ami… Les doigts tapotent les touches de son téléphone à une allure incroyable. S.L.T..C.O.M.E.N..T.U.V. Pierre-Jean-Jacques ne quitte pas des yeux le petit écran tandis qu’il prend son petit déjeuner. A ?J.E..T..V.O.I.S..D.A. La voiture démarre et le message n’est pas terminé que déjà Pierre-Jean-Jacques reçoit un appel. Sur le chemin du travail, il reprend contact avec ceux à qu’il n’a malheureusement pas eu l’occasion de parler depuis la veille au soir. A peine arrivé à son bureau, il se dit qu’il est impératif d’appeler un ami : celui-ci n’est pas au courant de l’ambiance qui régnait à la fête où il n’a pas été, Pierre-Jean-Jacques non plus d’ailleurs. Midi. Entre deux bouffées de sandwich, Pierre-Jean-Jacques téléphone à sa mère. On ne serait pas surpris d’apprendre qu’il est n é avec un téléphone portable collé à l’oreille. A-t-il besoin d’une information ? Son système de connexion la lui apportera ! A-t-il besoin de se divertir ? Il y a tant de jeux sur son téléphone ! Comment pourrait-il survivre sans être au courant de tout ? Il se couche en tapotant les touches : BONNUI. Au moins peut-il être fier de pratiquer un sport fort plaisant qui fait travailler les muscles de ses doigts !( Aude Lucas )

 Parler de soi est très commun. On voit de ci de là un tel raconter quelques anecdotes, un tel parler de sa journée. Quoi de plus naturel que de faire entrer ses proches et ses connaissances dans sa vie ? Alors, pour paraître plus à la mode, pourquoi ne pas la raconter à des millions de personnes ? On peut trouver sur internet la vie de Camille et de son chat, celle de Mathieu et sa passion pour le football ou même encore, sa petite sœur dansant la farandole. Vous ne pouvez avoir dans vos connaissances une personne ne possédant pas de blog ; quelle ringardise de ne même pas connaître le mot ! Il faut à tout prix les visiter chaque jour si l’on ne veut pas manquer, le lendemain, de féliciter le webmaster pour sa nouvelle paire de chaussures ou la naissance de petits chatons. Toutes les personnes des pays civilisés ont, même sans le savoir, une photo d’elle sur l’un des blogs. Si vous n’avez pas un ami ou une connaissance, même un membre de votre famille qui ne parle pas de vous sur un blog ou n’a pas de photo de vous sur ce dernier, vous êtes inexistant pour le monde.(Damien Luquet )

 Monsieur*** peut être fier de lui. Aujourd’hui, il a bien travaillé. Il s’est rendu à son agence trois heures après l’ouverture afin de ne pas perturber son personnel par sa présence. Il a enfin trouvé une nouvelle disposition pour les objets sur son bureau et surtout il parvient maintenant à remonter le siège en cuir doux et très confortable sur lequel il s’assied. Pour le déjeuner, il a dû se montrer à ses employés ; que d’efforts ! Féliciter un tel, récompenser un autre sans savoir en quoi consiste sa tâche. Après tout, quelle importance ? Il aura sûrement contribué ainsi à l’achat de son nouveau yacht. En milieu d’après-midi il rentre chez lui, raccompagné par un chauffeur car conduire le fatigue. Il remarque que sa poubelle a été vidée par les éboueurs, que le journal et le courrier sont déposés dans sa boîte à lettres, que sa maison est propre. Qu’importe qui l’a fait, l’essentiel est que ce soit fait.( Damien Luquet )

 Un jour un homme qui marchait dans la rue souriait à tout le monde. Il a été interné pour folie. Jamais je ne dirais « je t’aime » à quelqu’un.(Damien Luquet )

 Plus on défie le bon sens, plus on est admiré. (Alice Bonamy )

 Il faut avoir une certaine allure si on veut faire partie intégrante d’un collège : celle de tout le monde. (Alice Bonamy )

 L’on a l’impression d’avoir une journée bien remplie quand on a parlé à de multiples amis internautes, envoyé quelques sons à de vagues connaissances, répondu à des questions cruciales sur des forum incontournables. (Alice Bonamy )

 Le grand paradoxe de la télévision, c’est de prôner l’impartialité entre deux pages de publicité.(Jean-Edouard Rue )

 Pour être sociable aujourd’hui, il faut s’adapter à une société qui ne s’adaptera jamais à nous.(Jean-Edouard Rue )

 Si vous dites aux hommes qu’un homme a du charisme, qu’il plaît, qu’il amuse, ils vous disent : « C’est bien, il a de la chance ». Si vous leur dites qu’une personne a de la vertu, qu’elle fait le bien autour d’elle, ils vous répondent : « Bravo ! Qu’elle continue ! ». Si vous leur présentez une personne intelligente, cultivée, instruite, ils vous demandent l’heure qu’il est. Par contre, si vous leur annoncez qu’il existe une personne qui fait des actions grotesques, ridicules, pathétiques mais sortant de l’ordinaire, du « jamais vu », une bête de foire digne d’être montrée en public pour gagner de l’argent, ils vous disent : « Quel scoop ! Où vit-elle ? C’est extraordinaire ! » (Luc Vonachen )

 C’est un endroit merveilleux où prennent place ceux qui attendent leur heure de gloire. C’est un coin qui semble aspirer au bonheur et à la consécration ultimes. C’est aussi là que l’on s’imagine monts et merveilles. C’est ici que l’on s’exhibe sans pudeur devant d’étranges objets ayant pour vocation de capturer nos moindres et plus anodins gestes et propos. Malheureusement, il s’agit là aussi du lieu où naissent les pires désillusions et où la lumière ponctuelle se transforme souvent en obscurité durable.( Emilie Lagarde )

 Il peut paraître ridicule pour un homme de raison de voir un homme courant après un ballon gagner plusieurs millions.( Laura Tardy )

 On ne dit pas une femme de ménage mais un technicienne de surfaces, on ne présente pas un vieillard sourd mais une personne du troisième âge mal entendante. On ne débat pas sur les pays pauvres mais sur les pays en voie de développement. Il est préférable d’annoncer qu’on est victime de mesures d’ajustements des effectifs plutôt que de dire qu’on vient d’être licencié. Cela change tout… sauf la réalité.( Laura Tardy )

 L’on observe souvent de drôles de spectacles. Les projecteurs s’allument et on voit s’agiter des marionnettes. Elles gesticulent, dansent, chantent, donnent leur avis. Elles sont admirées de tous, on les acclame, elles jubilent. Leur présence devient indispensable. Elles déambulent sur toutes les scènes, sont sur tous les plateaux. Les spots s’éteignent. De nouveaux pantins apparaissent.( Laura Tardy )

 Lola a un rituel journalier : elle s’approche de son miroir et idolâtre sa beauté. Elle se sourit, se félicite d’avoir un visage si frais, si jeune. Elle ne fait aucun excès, se nourrit uniquement de jus de carotte et de gélules aux plantes ; elle fait de l’exercice mais ne sort pas. Une soirée trop tardive ferait souffrir son visage de quelques cernes… A quoi bon avoir des amis si on peut se satisfaire seule ? ( Laura Tardy )

 On ne va plus dans les foires observer les étrangetés de la vie, rire des femmes à barbe ou des handicapés, non, on le fait désormais seul, lâchement, devant son écran .( Laura Tardy )

 Vous voulez réussir, vous avez des projets, vos études vous ont mené au plus haut et vous souhaitez être engagé ?Je m’excuse, votre nom ne me dit rien .( Laura Tardy )

 Le jeune sait se faire beau. Il gèle ses cheveux de manière à être le plus naturel possible. Il met des vêtements amples qui lui affinent la ligne, décousus et tachés pour ne pas provoquer d’inégalité vis à vis des plus pauvres. Le regard du jeune est vif et dynamique. Il facilite la communication. Tout serait parfait s’il n’était à l’âge bête.( Anne-Claire Scriban )

 Les habitants de ce pays ont des attitudes très étranges envers certaines personnes. Ils ont mis dix personnes en quarantaine dans une sorte de maison, sans contact avec le monde extérieur pendant plusieurs semaines. Ces individus ne font rien de leur journée à part se critiquer, ce qui plaît particulièrement au reste de la population qui les épie jour et nuit à travers une petite fenêtre qu’ils nomment télévision. Dans ce pays, ce ne sont pas les animaux qui font la distraction mais les hommes.( Anne-Claire Scriban )

 De nos jours, on se sépare plus qu’on ne s’unit.( Sarah Mariage )

 Cet homme est savant : il parle beaucoup. Que dit-il ? Je ne m’en souviens plus. ( Julie Bourget )

 Il y a tel homme qui aime plus de son couple son confort, et de sa femme les petits plats.( Colombine Depaire )

 Il y a telle femme qui aime mieux son amant que son mari, et de son mari son argent.(Colombine Depaire )
...intéressant n’est ce pas ?(NDLR)


Barcelo Jimmy 2°4

Le rubis Mr *** rentrait comme tous les jours du travail. Il travaillait dans une centrale nucléaire et à dix-huit heures, il quittait son poste pour rentrer chez lui à pieds ou en bus. Ce jour-ci il rata son bus et décida donc de partir à pieds. C’était au mois de novembre et il commençait à faire nuit, Mr *** pressa le pas. Il passa dans une rue particulièrement délabrée et sombre. Il n’aimait pas cet endroit mais il n’y avait pas d’autre chemin. Mr *** pressa encore le pas mais au moment de quitter cette rue, un homme paniqué passa devant lui en courant. Il tomba à ses pieds, s’accrochant à ses jambes en bredouillant. Mr *** ne savait que faire, l’homme était terrifié. Quand il put enfin le calmer et voir son visage, il eut un mouvement de recul. Son visage était crispé, ses cheveux, sales et dans ses yeux exorbités passait un air de folie. Il disait : « Non…arrêtez-le…il est à moi.. » Et en même temps il enlevait et remettait une bague avec un rubis. Mr *** fixa intensément cette bague et une impression de malaise grandit en lui. Il ne savait pas pourquoi, il voulait cette bague, pour lui. Quand l’homme perdit connaissance, il déroba la bague et s’enfuit. Une partie de lui-même en avait honte, il fallait aider cet homme, mais l’autre partie, plus forte, était obsédée par le rubis Rentré chez lui, Mr *** observa attentivement la bague. Elle était en or et la pierre parfaitement taillée brillait d’un rouge profond. Il la posa sur sa table de chevet et se coucha.

Le lendemain matin, il mit sa bague et partit au travail. Dans le bus, il la manipulait machinalement et l’admirait. Il trouvait sa main magnifique quand il la portait. Elle obsédait ses pensées. Mais une impression de malais l’envahit soudain, comme si quelqu’un l’observait… Il se retourna brusquement, cherchant des yeux qui le regardait ainsi. Son regard tomba sur le rétroviseur du chauffeur et son sang se glaça dans ses veines : deux yeux jaunes le fixaient intensément. Il cligna des yeux mais ils étaient toujours là, perçant son âme. La panique commença à l’envahir, une force invisible l’empêchait de bouger. Une main griffue se posa alors sur la boîte de vitesse. Mr ***, horrifié, était toujours paralysé par la peur ne pouvait détacher ses yeux de cette horrible main. Le bus s’arrêta, il ouvrit la porte et s’enfuit en courant. Il n’arrivait pas à croire ce qui lui était arrivé. Ce regard jaune, cette main griffue… le Démon avait conduit son bus ! Non c’était impossible… il avait dû rêver. Il s’arrêta à un café pour se ressaisir avant de repartir à la centrale. Il pensait toujours au regard qui avait croisé le sien dans le rétroviseur il ne vit donc pas tout de suite le serveur qui attendait sa commande. Quand il sortit enfin de sa rêverie, il s’excusa précipitamment. Le serveur lui sourit alors et Mr *** put apercevoir deux crocs blancs. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Le serveur éclata d’un rire sardonique et effrayant. Mr *** s’enfuit en courant, terrifié. Cette fois-ci il n’y avait plus de doute possible. C’était la deuxième apparition du Diable en quelques minutes. Mais pourquoi le poursuivait-il ainsi ? Il chercha les choses nouvelles qui lui étaient arrivées dernièrement et son regard tomba sur la bague qu’il avait jusqu’alors oubliée. C’était donc ça ! Le rubis du Diable ! Mais Mr *** ne pouvait se résoudre à rendre la bague. Il ne pouvait l’expliquer mais il avait développé une inexplicable dépendance à ce rubis. Il ne pouvait s’en séparer, même si le Diable en personne le poursuivait pour reprendre son bien Mr *** courut jusqu’à en perdre haleine. Il se réfugia dans un parc entre deux illustres statues, priant pour que le Diable ne le retrouve pas. Mais bientôt un homme en costume noir arriva. Ses ongles étaient noirs, longs et acérés, son teint était rouge. Ses pupilles jaunâtres fixaient Mr *** qui manipulait nerveusement sa bague, tremblant comme une feuille. Ses lèvres d’étirèrent et découvrirent des dents blanches et pointues. Il fit un geste de la main et les statues s’animèrent. Alors que les corbeaux qui étaient assoupis sur ces statues s’envolaient, celles-ci immobilisèrent Mr *** paralysé par la peur. Le Diable s’avança et prit la bague de la main de Mr***. Puis le Démon recula d’un pas, et fit apparaître un poignard dans sa main droite. Son rire diabolique retentit aux oreilles de Mr*** et il enfonça le poignard dans le cœur de l’homme qui hurla…. Et il se réveilla, criant de toutes ses forces. Il était dans sa chambre, le matin de cette journée horrible. Jamais il n’avait fait un rêve si réel. Il ressentait encore la brûlure du poignard dans son cœur. Il vit la bague qu’il avait posé la veille sur sa table de chevet, il la pris et la lança par la fenêtre en priant pour ne jamais la revoir. Il se planta devant son miroir et là, il vit une trace tout prés de son cœur, une trace de poignard.


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